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Jean Rousseau August-Ludwig von Schlözer: un chaînon manquant dans la genèse de la théorie linguistique de Wilhelm von HumboldtAbstract The Prüfung der Untersuchungen über die Ureinwohner Hispaniens vermittelst der Vaskischen Sprachen (1821) was not only the first linguistic work by Wilhelm von Humboldt to be published; it differs considerably from his other language studies that were published simultaneously or appeared later more so because of its ethnographic perspective. For Humboldt used his knowledge of the Basque language in order to answer the question of whether one can gain information about the original inhabitants of South Western Europe through a comparative analysis of place names and proper names as taken to be the oldest evidence of language. A theoretical point of reference for Humboldt's analyses is the Allgemeine Nordische Geschichte (1771) by August Ludwig Schlözer, a work with which Humboldt was in many ways in agreement. For the first time, the ideas and thoughts that Humboldt adopted from Schlözer in relation to the theory and practice of comparing languages in the Prüfung will be presented here. It can be demonstrated that Humboldt not only valued Schlözer's work greatly, but that it also influenced him enormously after 1802. Consequently Humboldt, at least with regard to his study of Basque, continues the tradition of a form of language research that goes back to Leibniz. The attempt to trace the lineages of philosophical thinking about language in the 18th century in Humboldt's work, however, does not diminish his reflections on language. Rather, it is to be understood as an attempt to capture Humboldt's reflections on language in its entire complexity and wealth. Inhalt1. La Prüfung: un ouvrage d'emblée anachronique 2. Schlözer: une référence explicite de Humboldt 4. Les convergences entre Humboldt et Schlözer
4.1. la perspective
ethnographique
4.2. la perspective
classificatoire
4.3. une conception prudente du
primitif
4.4. les langues originelles et les
insuffisances de leur traitement
4.5. la difficile transmission des noms
anciens
4.6. les exigences de la pratique de la
comparaison
4.7. les analogies et l'importance de
l'induction historique 5. Humboldt archaïque et visionnaire
A bien regarder, Humboldt n'aura finalement publié qu'un seul livre sur les langues. Certes ses contemporains ont connu de lui divers discours académiques, quelques articles de revues, un complément au Mithridate, et des lettres comme la Lettre à Rémusat sur le chinois, mais le Kawi n'est paru qu'après sa mort par les soins d'Alexandre. L'unique ouvrage qu'il ait lui-même fait paraître est la Prüfung der Untersuchungen über die Urbewohner Hispaniens vermittelst der vaskischen Sprache de 1821 [cité ci-après : Pr.], republié pour la dernière fois par Albert Leitzmann en 1905. Cette simple constatation ouvre aussitôt sur une interrogation: pourquoi le seul grand texte auquel Humboldt tenait assez pour aller jusqu'au bout de sa publication,1 est-il, encore aujourd'hui, mal aimé - sinon discrédité, du moins très négligé - et, jusqu'à une date récente, quasiment exclu du corpus reconnu des oeuvres linguistiques de Humboldt? 1. La Prüfung: un ouvrage d'emblée anachroniqueUne première réponse est d'évidence. La Prüfung est en rupture avec le reste des travaux sur les langues et le langage effectués par Humboldt de 1800 à 1835. Ceux-ci sont, soit empiriques et descriptifs de langues très diverses et, comme tels, constituent de bons témoignages de l'étude synchronique d'une langue donnée par Humboldt, de la modernité de ses analyses, par exemple de l'ergatif en basque ou du verbe tagalog, soit encore d'une portée beaucoup plus générale sur le langage humain qui leur confère un intérêt dont la fécondité n'est toujours pas épuisée. La Prüfung, elle, n'a rien de théorique: l'ouvrage est essentiellement historique et comparatif. Mais il l'est sur un domaine - le basque et l'ibère - où, dès la publication, Humboldt était difficile à suivre, étant à peu près le seul en Europe à maîtriser ces deux types de données. Et cela à un moment où tous les regards se tournaient vers des aires plus prometteuses: germanique, romane ou indo-européenne. Ensuite, il s'agit, dans la Prüfung, d'une comparaison tout à fait inédite par deux aspects. Elle est de nature longitudinale, dans une chronologie linéaire, mais discontinue, puisque Humboldt compare deux états de langue distants pour vérifier une identité à la fois altérée et maintenue à travers les siècles. Et cela à un moment où la comparaison, celle des Bopp, Schlegel ou Grimm s'effectue de langue à langue de manière transversale pour repérer des identités tenant à une origine commune. Mais surtout, alors que la comparaison des contemporains porte à la fois sur le lexique et la morphologie (surtout verbale) en s'appuyant sur les morphèmes, Humboldt, lui, ne travaille que sur des noms propres et sur le système phonétique qui s'y révèle, sans produire de correspondances phonétiques. Et même le type de comparaison pratiqué par Humboldt dans la Prüfung n'a rien à voir avec celle qu'il envisage aussi au même moment dans d'autres de ses écrits : fondée d'abord sur le projet d'une encyclopédie générale et systématique des langues, puis, à partir de la formalisation de la supériorité des langues flexionnelles, assise sur une hiérarchie des procédés grammaticaux et une définition du caractère individuel des langues. Bref, il n'est pas surprenant que la Prüfung soit toujours restée un objet un peu étrange et insolite, puisqu'il tranche aussi bien avec le reste de la recherche linguistique de son temps qu'avec l'ensemble de l'oeuvre même de Humboldt. Ces premières constatations peuvent expliquer le désintérêt persistant pour un ouvrage anachronique de naissance. Mais la raison principale de cette étrangeté absolue est encore à chercher ailleurs. Elle tient surtout à ce que le problème posé par Humboldt dans sa Prüfung - et qu'il pense avoir résolu - date au fond du siècle précédent. Par sa problématique, éminemment leibnizienne, cet écrit de Humboldt relève d'un tout autre paradigme que celui que ses contemporains sont en train de fonder conjointement, et dont Humboldt lui-même, par tous ses autres travaux, participe aussi, tout en débordant souvent l'entreprise comparative de son temps. Que se propose Humboldt dans la Prüfung? Le premier titre envisagé est explicite: Ueber den Nutzen, welchen die Kenntniss der Vaskischen Sprache bei den Untersuchungen über die Urbewohner der Iberischen Halbinsel leistet. Humboldt veut mener une recherche sur le peuplement originel de tout le sud et l'ouest de l'Europe en utilisant les langues qui y sont parlées depuis la plus haute antiquité. L'Espagne en particulier offre une langue de ce type car la langue basque continue à y être vivante. Humboldt confrontera donc les noms de lieu rapportés par les géographes de l'antiquité classique avec la langue basque pour voir si ces noms ibériques correspondent par le sens et surtout par la forme phonétique avec que nous apprend le basque.2 Indem ich die gegenwärtige Schrift dem Publicum übergebe, wünsche ich vorzüglich, dass sie möge dazu dienen können, andre Untersuchungen über die Urbevölkerung des ganzen westlichen und südlichen Europa daran anzuschliessen. In den bisherigen bleibt unläugbar noch Vieles ungewiss und dunkel. Ein einfaches und wichtiges Mittel, denselben mehr Klarheit und Gewissheit zu geben, ist die Benutzung der einheimischen Sprachen, die sich in einigen Theilen von West-Europa aus hohem Alterthume her erhalten haben (Pr. 59). Spanien gehört zu den wenigen Ländern, welche die Möglichkeit darbieten, die Frage über ihre ursprüngliche Bevölkerung durch eine noch innerhalb ihrer Gränzen lebende Sprache aufzuklären (Pr. 62). Die alten Schriftsteller haben uns eine grosse Anzahl von Spanischen Ortnamen hinterlassen, verhältnissmässig eine grössere, als von irgend einem andren Lande, wenn wir Griechenland und Italien ausnehmen. Diese werden den Stoff abgeben, auf den ich die Vaskische Sprache anzuwenden gedenke. Durch sie, die ältesten und dauerndsten Denkmäler, erzählt eine längst vergangene Nation gleichsam selbst ihre eigenen Schicksale, und es fragt sich nur, ob ihre Stimme uns noch verständlich bleibt (Pr. 64). [Er untersucht,] ob es unter den alt-iberischen Namen mehrere giebt, die, dem Ton und der Bedeutung nach, mit noch heute üblichen Vaskischen Wörtern übereinstimmen (Pr. 75). Cette veine de recherches articulant étroitement langues et histoire constituait, depuis dix ans au moins, le fondement de son enquête sur le basque3 et continue à le séduire en 1821.4 2. Schlözer: une référence explicite de HumboldtSi la Prüfung nous apparaît si singulière en 1821, c'est surtout parce que la problématique développée qui fait de la linguistique une simple science auxiliaire de l'histoire est à l'époque déjà datée. Plus encore que chez Leibniz, elle prend racine dans un livre qui a été une source d'inspiration essentielle pour Humboldt et que le texte même de la Prüfung nous permet d'identifier. La liste des auteurs de référence de la Prüfung est très courte, mais parmi les rares autorités invoquées, un nom retient l'attention, celui d'August-Ludwig von Schlözer, car Humboldt se réfère à lui à plusieurs reprises. A propos de la désignation des Basques en allemand par Vasken (Pr. 107; [1811]: III: 225, [1801-1805]: XIII: 5 n.) et, sur les distinctions à faire entre les peuples, Humboldt évoque en termes flatteurs l'ouvrage de Schlözer, l'Allgemeine Nordische Geschichte paru cinquante ans plus tôt, en 1771 [cité ci-après : ANG]. Schlözer Allgem. Welthist. XXXI. 339. erklärt sich zwar hier sehr richtig für Caesars Meinung. Doch geht er auf der andren Seite zu weit, und hält Vasken, Galen und Kymren, wie er sie nennt, für gleich verschiedene Volksstämme, da ihre, noch heute bekannten Sprachen deutlich zeigen, dass sie nur zwei ausmachten, und Galen und Kymren zu demselben gehörten. Indess bleibt die angeführte ganz in dem eigenthümlichen Geiste des treflichen Mannes geschriebene Stelle immer die erste, welche Licht über diese damals noch sehr dunkle Materie verbreitete (Pr. 172 n.). Ce n'est pas tout. Schlözer est constamment mentionné, et toujours positivement, avant et après 1821, par Humboldt, pourtant avare de références explicites et, plus encore, d'éloges à l'égard de ses devanciers et prédécesseurs.5 On sait en outre que Humboldt a suivi les cours de Schlözer à l'université de Göttingen ([1816]: XV: 524). Mon propos est, dès lors, de montrer que Humboldt, ayant lu en 1802 le travail de Schlözer, l'a assez apprécié pour en endosser la perspective générale et vouloir l'appliquer à l'Europe du Sud, puisque le Nord avait déjà été traité. Schlözer est un auteur d'un intérêt prodigieux et un linguiste tout à fait exceptionnel. Entre Suède et Russie, avec retour à Göttingen, il a effectué des recherches sur le sémitique - le concept est de lui -, l'islandais, les langues slaves, finno-ougriennes et sibériennes. Fondateur de la »statistique« et historien, il fascinait un auditoire considérable à Göttingen en animant à l'adresse de la future élite politique des séminaires sur l'art de voyager ou la lecture des journaux. Cet intellectuel cosmopolite et libéral eut une influence souterraine et néanmoins profonde sur tous les grands chantiers de la linguistique de son temps, placé qu'il était au centre de gravité institutionnel de l'investigation historique d'alors, à Göttingen, conseillant, orientant les énergies, rectifiant des chercheurs fourvoyés, traçant des perspectives sans nombre. Quant à l'Allgemeine Nordische Geschichte aus den neuesten und besten Nordischen Schriftstellern und nach eigenen Untersuchungen beschrieben, und als eine Geographische und Historische Einleitung zur richtigern Kenntniss aller Skandinavischen, Finnischen, Slavischen, Lettischen und Sibirischen Völker, besonders in alten und mittleren Zeiten, in-4° de 634 pages, paru en 1771 à Halle, Schlözer n'en est pas à proprement parler l'auteur, puisqu'il y a surtout réuni des traités rédigés auparavant par d'autres érudits ou adaptés par lui. Mais il n'est pas non plus un simple compilateur, car deux chapitres importants sont de sa main : »Abriss der Nordischen Geschichte überhaupt, in ihrem ganzen Umfang« (ANG 209-262) et »Von den Stamm-Völkern des Europäischen Nordens« (ANG 263-344). Et surtout, Schlözer est un éditeur omniprésent, car il insère ses propres notes dans tous les textes de ses collègues, les entrelardant d'innombrables mises au point de détail ou d'excursus de plusieurs dizaines de pages. Le résultat est un ensemble très touffu et un peu décousu, à la mode du temps, où notes, développements et chapitres de Schlözer, épars dans tout l'ouvrage, finissent par aborder une thématique historique bien plus vaste que celle de Humboldt, tant par l'étendue du domaine géographique que par l'amplitude de la période traitée. 3. Un projet communL'un des propos de Schlözer est très proche de celui de Humboldt dans la Prüfung. Le postulat de départ est identique. Dans un long développement, intitulé »Versuch einer richtigern Auslegung der geographischen Nachrichten des Plinius vom Norden« (ANG 103-124), Schlözer s'interroge sur ce que les Anciens peuvent nous apprendre des peuples du Nord. Ce qu'ils nous en rapportent ne consiste apparemment qu'en fables ou en légendes. Or ce matériau n'est pas à dédaigner, il s'avère même de première importance. Car on peut ainsi rapprocher, pour les expliquer, les noms propres livrés par la tradition des annalistes avec ceux que nous trouvons dans les langues aujourd'hui parlées dans les mêmes contrées. Schlözer présuppose une certaine immobilité des langues en cause, compte tenu d'un destin historique qui les a préservées. Les données fournies par des auteurs de l'antiquité qui ignoraient tout de ces langues livrent donc, malgré eux, une langue bien réelle, par ailleurs perpétuée, et que l'élargissement des enquêtes linguistiques modernes permet désormais de reconnaître avec certitude. § 5. [...] Sage und Fabel sind fast gleichgültige Wörter. Bey beyden liegt gemeiniglich ein wahrer Urstoff zum Grunde, der hernach durch Zusätze, mit Vorsatz oder zufälliger Weise, vermehrt, verschönert, verstellt worden ist. Liesse sich nun dieser historische Fond wider herausfinden; liesse sich die Wahrheit, der Urstoff der Sage, von den Zusätzen der Zeit, des Dichters und der Einfalt, rein abscheiden: so würde die Sage so brauchbar als Historie werden. Ein schönes Problem: data fabula invenire verum; nur leider eben so schwer, als dasjenige in der Heilungskunst: dato morbo invenire remedium. Doch Ein Mittel haben wir, diesen historischen Fond von einer Sage manchmal wider zu finden: - Nomina propria. § 6. So wie Ideen, die einem denkenden Wesen wie Blitze durch die Seele schiessen, und unwiderbringlich und eben so geschwinde wieder erlöschen, als sie entstanden waren, durch Wörter gefesselt und figiret werden: so verewigen sich historische Nachrichten durch eigenthümliche Namen. Und ein Factum, dieses höchst flüchtige Ding, das sich sonst, nachdem es beobachtet worden, wieder verloren hätte, prägt sich durch dieses Mittel, anfangs dem Gedächtnisse, und in der Folge den Zeitbüchern, unvergänglich ein, durchlebt Jahrhunderte, und wird für den späten Geschichtforscher selbst eine kleine Annale. Wir haben unerwartete Beyspiele von der Vivacität oder Lebensdauer uralter Namen. Freylich finden wir sie nicht mehr in unsern heutigen cultivirten Sprachen: diese sind viel zu jung, und meist Kinder der Völkerwanderungen. Aber auf abgelegenen Inseln, in unzugänglichen Gebirgen, und auf öden Küsten des Oceans, haben elende Flüchtlinge, aus der übrigen schönern Welt verdrungen, eine Freystätte für ihre Freyheit, ihre Barbarey, und ihre Sprache gesucht, und gefunden. Hier reden sie noch in kleinen Districten die Sprachen, die vor 2000 Jahren in weiten Ländern blüheten; hier haben noch Wörter Bedeutungen, die damals der ausländische Annalist nur mechanisch verzeichnete. Was Rhipaeus mons heisse, sagt uns der Ostäke; was Alan bedeute, erklärt der Kalmücke, einstimmig mit dem Ammiän; Chronium mare ist noch bey dem Ireländer zu Hause; Lukaia, den alten Namen von England beym Onomakritus, hat noch der Kymre (ANG 106-107). Humboldt lui aussi, on l'a vu, est convaincu de ce que, là où les historiens sont muets, les seuls documents qui continuent à parler sont les langues, et surtout les toponymes, »die ältesten und dauerndsten Denkmäler« (Pr. 64).6 Pour lui, certaines langues anciennes de peuples autochtones, au premier rang le basque, constituent de véritables musées à ciel ouvert, autorisent un court-circuit entre les noms propres transmis par les Anciens et les mots d'une langue toujours vivante, mais restée en marge de l'histoire. Une remarquable stabilité permet d'identifier le peuple basque comme ayant traversé le temps et autorise à dessiner rétrospectivement l'espace plus vaste qu'il devait jadis occuper. Dans la Prüfung (Pr. 74-76), comme dans ses autres écrits sur le basque, cet argument de la persistance quasi miraculeuse des dénominations est constant. Denn da jeder einzelne Meierhof seine eigne, von seiner Lage, oder den ihn umgebenden Bäumen und Pflanzen hergenommene Benennung trägt, so wird dadurch das ganze Land zu einer lebendigen Sprachurkunde ([1812b]: III: 292-293; cf. [1800]: III: 123). Auch in andern Theilen Europens giebt es einzelne Völkerhaufen, die, durch den Drang gewaltsamer Revolutionen in einsame Bergthäler oder an dürre und unwirthbare Seeküsten zurückgetrieben, mit einem Trotz, den das Unglück ehrwürdig macht, ihre väterliche Sprache und Sitten aus dem Strome der allgemeinen Verwüstung gerettet haben, und nun theils aus Gewohnheit, theils aus edlerem Nationalstolz jedes Zusammenschmelzen mit ihren fremden Nachbarn hartnäckig verweigern. So stehen, und einige unter ihnen vielleicht nicht mehr auf lange Zeit, die NiederBretagner in Frankreich, in England ihre Brüder, die Bewohner von Wales, in Schottland die Hochländer, in Süd- und Nord-Deutschland die einzeln zerstreuten Wendischen Völkerschaften, in Schweden die tapfern Dalecarlier, an den Busen der Ostsee die Esten und Liven, und einige andre noch unbedeutendere Stämme in Italien und auf den Italiänischen Inseln, gleichsam als lebendige Ruinen von ebensoviel ehemals mächtigen und weitverbreiteten Nationen ([1801-1805]: XIII: 6-7). La démonstration précise que Humboldt s'emploie à conduire et qu'il considère in fine avoir menée à bien, à savoir l'identité de la langues de Ibères et du basque,7 est d'ailleurs aussi une conjecture personnelle de Schlözer sur la langue et le peuple basques.8 4. Les convergences entre Humboldt et SchlözerMais, outre le projet global et les convictions sur le statut historique exact du basque, les points de rencontre les plus remarquables entre Humboldt et Schlözer portent sur les principes et la méthode. Ils tiennent souvent à des mises au point de détail, mais présentent alors d'étonnantes convergences. 4.1. la perspective ethnographiqueUn des soucis les plus pressants de Humboldt concerne la nécessité d'identifier ce que recouvrent exactement les noms de peuples fournis par les Anciens. Sur ce point la prudence s'impose, eu égard aux confusions qui entourent l'emploi de telle ou telle dénomination, et Humboldt introduit à plusieurs reprises une distinction importante entre l'ethnographique et le géographique: »Der Name der Iberer ist nicht bloss ein ethnographischer, sondern grossentheils ein geographischer« (Pr. 169). De même, à propos de Strabon: »Das Missverständniss liegt in dem Ausdruck Iberer. Wie schon im Vorigen gesagt ist, gieng dieser Name zwar von einem Volke aus, nachher aber auf ein Land über, und ist daher sehr oft mehr geographisch, als ethnographisch« (Pr. 173). Sans se proposer de répondre à la question »woher nun diese Iberer gekommen seyn mögen?«, Humboldt parle également de la distinction des Ibères et des Celtes comme étant »die richtige ethnographische Ansicht« (Pr. 205). Or c'est dans l'ouvrage de Schlözer que se trouve pour la première fois et à de nombreuses reprises (ANG 211 n. A, 288, 288 n. U) cette perspective de l'ethnographie9 - c'est même la première occurrence du mot en allemand. Schlözer désigne par là une généalogie historique des peuples obtenue grâce à un examen comparatif des langues. Au croisement entre histoire et genèse, »ethnographie« est le synonyme de ces deux termes. Et surtout Schlözer insiste de manière répétitive sur les précautions de méthode qui doivent toujours entourer l'emploi de noms de nations. Il veut introduire dans la description des nations une distinction terminologique rigoureuse, à laquelle Humboldt fait écho, entre les approches d'ordre géographique, politique et enfin historique ou génétique. Man kann die Hauptnationen eines Landes berechnen 1. geographisch, nach gewissen bestimmten und von der Natur selbst abgetheilten Bezirken in denen sie wohnen, 2. politisch, nach der Anzahl der Staten, in die sie sich verbunden haben, 3. historisch, nach ihrer Abstammung, oder welches einerley ist, nach ihren Sprachen, 4. ganz willkürlich, nach gewissen äusserlichen Aehnlichkeiten, die der ausländische Beobachter unter mehreren Völkern siehet oder zu sehen glaubt. Jede dieser vier Klassificationen setzt voraus, dass man alle einzelne Völker eines Landes zusammen kenne, und sodann sie nach den einmal beliebten Vergleichungspuncte in Klassen ordne (ANG 144 n. S). Et Schlözer souligne constamment l'importance de ces distinctions en lieu et place d'usages nullement maîtrisés, générateurs de confusions invétérées.10 Plus tard, dans une introduction qui fait la part belle aux questions d'histoire, Humboldt, ayant, au préalable, présenté l'ethnographie comme la discipline, »welche die Vereinigung der Geschichte mit der Sprachkunde nothwendig macht«, évoquera à nouveau les différents points de vue d'après lesquels il convient de parler des nations et la rigueur à introduire dans ces emplois. Wenn man die Wörter Volk, Nation und Staat, als durch feste Gränzen von einander geschieden ansieht, so bezieht sich das erste auf den Wohnsitz und das Zusammenleben, das zweite auf die Abstammung, das letzte auf die bürgerliche Verfassung. Allein die beiden ersten leiden, dem Sprachgebrauch nach, keine so scharfe Begränzung, und der Begriff des letzten mischt sich sehr oft beiden bei. Nation aber gilt vorzüglich als Bezeichnung derjenigen Völkereinheit, auf die alle verschiedenartigen Umstände einwirken, ohne dass man gerade darauf sieht, ob Abstammung oder Sprache innerhalb dieser Einheit dieselben sind, oder sich nicht noch über dieselbe hinauserstrecken. So redet man von der französischen Nation, ohne auf das in Sprache abgesonderte Völkchen der NiederBretagne, von der Spanischen, ohne auf die Vasken, Valencianer und Catalanen zu sehen, von der Schweizerischen, ungeachtet Abstammung und Sprache ihnen mit den Deutschen gemeinschaftlich sind. Dann aber nimmt man das Wort auch wieder in einem viel allgemeineren über ganz verschiedene Wohnplätze und Staaten gehenden Sinn von der Germanischen, Slavischen u. s. w. Nation, obgleich da schon der Plural gebräuchlicher ist ([1827-1829]: VI/1: 187-188). 4.2. la perspective classificatoirePour Schlözer, le moyen d'atteindre la compréhension ethnographique est à chercher dans le modèle de Linné, référence récurrente chez lui.11 Une classification valide des peuples doit se fonder sur les langues. Elle permettra de dresser un arbre généalogique en distinguant différents niveaux de regroupement conformément à la démarche de Linné. L'idéal étant d'établir, pour les peuples dont les traces nous sont parvenues, »Eine Stammtafel« (ANG 272), d'en former »ein richtiger Stammbaum« (ANG 273). Il n'y a pas, du moins à ma connaissance, de référence à Linné chez Humboldt, mais l'objectif d'établir une classification exhaustive en forme d'arbre généalogique est très présente dans ses écrits jusqu'en 1820 environ,12 moment où il prend ses distances avec le modèle naturaliste, à mesure que la comparaison implique pour lui davantage la forme de la langue, incompatible à ses yeux avec une simple collection de traits pertinents, toujours réducteurs.13 4.3. une conception prudente du primitifDans la Prüfung Humboldt travaille à déterminer quels sont »die Urbewohner des alten Iberiens« (Pr. 63), et s'emploie à résoudre la question »über ihre ursprüngliche Bevölkerung« (Pr. 62). Mais ces mentions de l'origine doivent être entendues en un sens très précis. Il entend seulement désigner par là le terminus ad quem de notre connaissance et il souligne souvent, par un principe de prudence, qu'il ne faut y voir que de simples étiquettes signalant les bornes de notre information. [Die Iberer] hatten einen Theil der Südküste und Aquitanie inne, und diese Gegenden gehörten eben so wohl, als Spanien selbst, zu ihren ursprünglichen, d. h. zu den Wohnsitzen, worin die Geschichte sie zuerst kennt (Pr. 197). Wenn ich im Laufe dieser Untersuchung bisweilen von Autochthonen rede, so ist es nicht meine Absicht, dadurch etwas Objectives zu entscheiden, sondern nur die zufällige Gränze unserer Kenntniss zu bezeichnen. Ureinwohner sind mir nur diejenigen, welche uns die Geschichte weder nöthigt, noch veranlasst, als eingewandert anzusehen. Nur in diesem Verstande habe ich auch die Iberer in Spanien, Gallien und den Inseln des Mittelmeeres mit diesem Namen belegen, nicht die Frage, woher nun diese Iberer gekommen seyn mögen? abschneiden wollen. [...] Ich habe weiter oben (43.) die Iberer als in Stamm, Sprache und Charakter von den Celten verschieden dargestellt, und halte dies auch für die richtige ethnographische Ansicht. Ich habe indess dadurch nicht ausschliessen wollen, dass nicht vielleicht doch früher beide Nationen zu Einem Völkergeschlecht hätten gehören, ja die Iberer sogar ein Zweig des grossen Celtischen seyn können. [...] Allein solange tiefere Sprachuntersuchungen nicht darüber ein helleres Licht verbreiten, bleiben alle Meynungen dieser Art allein im Felde der Muthmassungen (Pr. 205). Aux »Autochtones« de Humboldt correspondent exactement les »Aborigines« de Schlözer, »quos aliunde venisse nulla memoria est« (ANG 263). Stammvölker eines Landes heissen, in der Sprache der Geschichtforschung, nicht diejenigen Ureinwohner, welche einen gewissen Strich Landes auf dem Erdboden, der seit der Schöpfung, oder wenigstens seit der Sündflut, wüste gelegen, zu allererst entdeckt, eingenommen, angebaut und bevölkert haben. Ein solcher Begriff würde blos idealisch und grossentheils in der Völkergeschichte unbrauchbar seyn (ANG 263). Die ersten Einwohner der meisten Länder sucht der Geschichtforscher nicht einmal; er weiss so ziemlich a priori, dass er sie nicht finden werde: aber soll er auch diejenige nicht suchen, die am ersten bekannt geworden? [...] er bleibt stehen, wo sich Annalen und Spuren verlieren, nennt dieses Volk, bey dem er stehen bleibt, Aborigines, und übersiehet ruhig den öden Raum, der sich zwischen Noa und seinen Aboriginen findet, ohne Versuchung, ihn mit Ante-Aboriginen systematisch auszufüllen, nein bloss um für den Anfang seiner Geschichte einen festen Punkt chronologisch anzugeben (ANG 263 n. A). Diese Stammvölker sind mein Non plus ultra. Ursprünglich sind sie freilich anderswoher gekommen, aber woher? weis ich nicht. Ursprünglich stammen sie vermuthlich alle von Einem Geschlechte ab: aber von welchem? weis ich nicht. Auch die Zeit, wenn sie hereingekommen, auch die Wege, auf denen, und die Anlässe bey welchen sie in diese Weltgegend gerathen sind, weis ich nicht. Urkunden und historische Zeugnisse über diese Fragen habe ich nicht: und Offenbarungen, Träume und Gesichter erwarte ich nicht. Nach dieser Methode findet sich der ganze Europäische Norden von funf (fünf?) Haupt- und Stammvölkern besetzt. Diese sind Samojeden, Finnen, Letten, Slaven, und Germanier (ANG 291-292). Humboldt en arrive à poser une chronologie qui repousse dans le temps les Ibères au niveau des Pélages.14 Et c'était aussi le dernier mot de Schlözer sur les ancêtres des Basques.15 4.4. les langues originelles et les insuffisances de leur traitementUne fois reconnu par Humboldt le statut exceptionnel du basque comme une des langue originelles d'Europe,16 il montre comment ce statut a doublement affecté le traitement dont ce type de langues a fait l'objet, au point de bloquer toute réponse objective aux questions d'histoire.17 D'abord, elles ont été négligées par les philologues qui auraient dû s'y intéresser et les examiner avec attention. Daher kommt es denn natürlich, dass selbst wissenschaftlich gebildete Männer das Aufsuchen jedes Sprachüberrestes, als solchen, nur wie eine höchstens verzeihliche Neugierde ansehen, dass Philologen die Beschäftigung mit sogenannten barbarischen Sprachen für einen Entschluss der Verzweiflung derer achten, die in den klassischen nicht fortkommen können ([1810-1811]: VII/2: 624). Zu sehr in ihren heimischen Sprachen befangen, hatten die Griechen und Römer keinen Begriff davon, dass das Studium einer fremden, zumal wenn es nicht Mittel zur Erlernung ausländischer Weisheit oder Geschichte war, Werth haben könnte. Hat doch auch in neuerer Zeit dasselbe Vorurtheil lange geherrscht, giebt es doch auch jetzt noch viele, welche die Zergliederung von Sprachen uncultivirter Nationen kaum für mehr, als für eine Beschäftigung müssiger Wissbegierde halten, höchstens geeignet, auffallende, aber wenig weiter führende Aehnlichkeiten entfernter Sprachen aufzudecken, und Beispiele sonderbarer grammatischer Eigenheiten zu liefern ([1827-1829]: VI/1: 118). Et aussi, les auteurs qui ont abordé ces langues, pour méritoires que soient leurs travaux et pour utiles qu'ils demeurent, étant les seuls disponibles, ne sont pas exempts de graves défauts. Par excès d'un zèle patriotique indu, ils n'ont souvent rien véritablement prouvé, parce qu'ils croyaient voir partout la langue qu'ils chérissaient, faisant du basque la langue primitive de l'Humanité.18 Chez Schlözer les défaillances de la recherche sur les langues marginales et originales de l'Europe amènent un développement critique d'une tonalité pratiquement identique. Hier, in Europa, sind erstlich Völker und Sprachen, die wir noch bis auf den heutigen Tag nicht kennen, und aus Mangel an Grammatiken und dergleichen Hülfsmitteln, nicht einmal untersuchen können [...] Zweytens, auch Völker, die man bey dem Reichthum vorhandener Hülfsmittel kennen könnte, kennt doch der grosse Haufe nicht ets texte036f.html texte0f69.html texte33f0.html texte466f.html texte4f1d.html texte6345.html texte63f9.html texte72e4.html texte8b23.html texte9609.html textec70a.html textec74b.html textedd76.html textedd8b.html textef025.html textef557.html tmp : theils weil diese auch vorhandene Hülfsmittel selten zu haben sind; theils weil es bisher nicht Mode ** gewesen, die Völkerkunde auf diese Art zu studiren; theils weil es muhsam ist, unbekannte Sprachen so zu untersuchen, dass sie dem Ethnographen fruchtbare Sätze liefern (ANG 287-288). [* n. R: [...] Kein Englischer, kein Französisicher Geschichtforscher, kennt Galen, Kymren und Vasken, seine eigenen Aborigenen, characterisch genug [...] (ANG 287)] [** n. T: Unsre klassische Erziehung, die uns nur mit sogenannten gelehrten Sprachen beschäftiget, flösst uns unvermerkt einen Eckel an Sprachen solcher Nationen ein, die zwar itzo noch, aber in der Dunkelheit, existiren, und falls sie auch in ihrer Landessprache Bücher schreiben und drucken lassen, doch dadurch keine Beyträge zur Erweiterung gelehrter Kenntnisse liefern. Und könnte man sich nicht mit den Lehren und Beyspielen notorisch grosser Männer, deren Geschmack eben so unverdächtig als ihrer Gelehrsamkeit ist, eines Leibnitz, Witsens, Bayers und Ihres, schützen: so würde man sichs kaum merken lassen dürfen, dass man Lappisch, Samojedisch, und Kalmuckisch studiere. Es ist einmal die Mode nicht! - Die Mode war bisher, den Ursprung und die Verwandtschaft der Völker in Annalisten zu suchen : aber Annalisten, sagt Leibnitz, weder alte, noch spätere des Mittelalters, sind keine Erkenntnisquellen dieser Untersuchungen, sondern Sprachlehrer und Lexiconschreiber. Dies giebt eine totale Veränderung in der ganzen Art zu verfahren; ganz neue Puncte, vor denen man ausgehen soll, eine völlig andre Quelle, wobey die andre bisher gewöhnliche nur eben her und hülfsweise genützet wird; folglich auch ganz andre Folgesätze (ANG 288). Il dénonce de même systématiquement les auteurs qui ont traité leur langue de prédilection comme la seule primitive.19 4.5. la difficile transmission des noms anciensHumboldt insiste souvent sur la difficulté d'utiliser les noms ibères venus à nous via Grecs et Latins, car ces noms, pour précieux qu'ils soient, nous parviennent nécessairement déformés. Il commence par un examen critique de ce matériau en soulignant les aléas de leur transmission. D'abord dans leur première saisie par les Anciens et le crible en quelque sorte phonologique par lequel ces noms devaient passer, ainsi que leur inévitable réfection: Da die Eigennamen gewöhnlich von Appellativen herrühren, und ursprünglich bedeutend sind, so ist kein Zweifel, dass, wenn die alten Geographen und Geschichtsschreiber uns alle diejenigen hätten unverfälscht überliefern können, die ihnen aus Spanien zugekommen waren, die Frage, mit der wir uns beschäftigen, sehr leicht zu entscheiden seyn würde. Sie haben aber nicht einmal diese Absicht gehabt, und noch weniger auf die Erhaltung, ihnen barbarisch klingender Töne Werth gelegt. [...] Man sieht hieraus, dass die alten Schriftsteller uns nur eine Auswahl von Namen mittheilten, und gerade die eigenthümlichsten übergiengen. Da ihre ewige Klage gegen alle barbarische Namen die Bedeutungslosigkeit und Vielsilbigkeit derselben ist, so mögen sie auch wohl manche der von ihnen aufgenommenen abgekürzt, und nicht bloss dem Griechischen, oder Römischen Organ, sondern auch wirklichen Wörtern ihrer Sprache gemäss gebeugt haben (Pr. 65-66); [...] haben Griechen und Römer wohl viel häufiger die einheimischen [Namen] zu den Lauten ihrer Sprachen hinübergebeugt (Pr. 135). Da die Griechen und Römer, vorzüglich die letzteren, kaum einen andren Buchstaben als s hatten, um einige der eigenthümlichsten und schwierigsten Vaskischen Laute auszudrücken, so können in diesen ch (tsch), ts, z, tz verändert worden seyn (Pr. 120). Il faut ensuite compter avec les divers facteurs de brouillage inhérents à tous les documents de l'Antiquité,20 mais, pour autant, on devra résister à la tentation de corriger un auteur ancien.21 La conclusion de Humboldt reste relativement optimiste quant à la possibilité de la comparaison22 et l'on est fondé à chercher quand même les cas de correspondances, »dem Ton und der Bedeutung nach« (Pr. 75), entre mots ibères anciens et basques modernes. Schlözer a la même conviction quant à la série des altérations possibles connues par les noms propres: § 7. Aber Schade, diese Nomina propria sind auf ihrer Wanderschaft durch die Jahrhunderte und Annalen einer Menge von Gefahren preiss. Sie müssen wenigstens vier Stuffen möglicher Verfälschung durchgehen, und jede Stufe ist für sie Lebensgefahr. 1. Der Zeuge hört nicht recht. Ich verzeihe es ihm; denn es ist unglaublich schwer, einen Namen aus einer fremden und uns völlig ungewohnten Sprache richtig zu fassen. Ich erinnere mich sehr lebhaft, wie viele Mühe ich einst hatte, mir von einem Kalmücken das Wort Tzachan, weis, ganz vernemlich aussprechen zu lassen. Sollte es einem Römer mit einem deutschen Worte besser gegangen seyn, als mir mit einem Kalmückischen? 2. Der Notarius schreibt nicht recht. Entweder er hat den Namen nicht achtsam genug gehört. Oder seine Sprache hat die Buchstaben nicht, um den gehörten Ton genau auszudrücken [...]. Oder er verändert und mildert sie mit Vorsatz, damit sie inländisch klingen [...]. Diess thaten vorzüglich die Griechen [...]. So ist Eridanus aus Raddun, Basilia aus Baltia etc. worden. [...] 3. Der Abschreiber [...] kopirt nicht recht. [...] 4. Der Herausgeber liesst nicht recht (ANG 107). Il demeure néanmoins convaincu, tout comme Humboldt, de la possibilité de travailler sur de telles données et de rapprocher d'une langue vivante ces noms anciens.23 4.6. les exigences de la pratique de la comparaisonUne première exigence de Humboldt à l'égard d'une langue traitée dans une perspective comparative est de posséder sur elles des matériaux abondants. Le Notre Père est un témoignage à la fois insuffisant et inadéquat:24 Das Vater unser enthält so einfache und kurze Sätze, dass kaum die Construction einer Sprache, viel weniger aber das, was den Stil in derselben bildet, darin sichtbar werden kann ([1811]: III: 276). Lorsqu'on rencontre des termes moraux ou intellectuels il faut encore être bien sur ses gardes de ne pas s'arrêter à des mots fictifs qu'ayant toujours seulement pour but la facilité de prêcher et de transmettre nos idées Chrétiennes, [les Missionaires] se sont permis de forger ([1812a]: III: 304). Ihre Beispiele sind meistentheils von geistlichen Lehren und Sprüchen, zu deren Ausdruck diese Sprachen natürlich wenig geeignet sind, hergenommen ([1826]: V 355). Schlözer est du même avis avec le même argument: Ein wunderlicher Einfall unserer reisenden Sprachforscher, dass sie sich immer das Vaterunser, zur Sprachprobe den allerunschicklichsten Aufsatz, haben übersetzen lassen. Wie soll der rohe Wogule oder Czuwasche u. schwere Begriffe die er kaum denken kan, in seiner sinnlichen ungebildeten Sprache nur erträglich ausdrucken? Eine naive Liebeserklärung, eine Klage über einen Todesfall, mit Einem Wort, eine Reihe von Ideen, deren alle Völker unter allen Himmelstrichen fähig sind, und zu denen auch die ärmste Sprache Zeichen hat, hätte das Süjet einer allgemeinen Sprachprobe werden müssen (ANG 304 n. U). Pour Humboldt la comparaison ne doit pas être menée avec quelques douzaines de mots, mais à l'aide de la grammaire. Ce point n'est évidemment pas au premier plan de l'exposé de la Prüfung, dont l'objet est la confrontation des toponymes, mais il surgit à propos des rapports entre basque et celtique et il est récurrent par ailleurs pour décrire les exigences de la procédure comparative.25 Ce point de vue est partagé par Schlözer qui souligne la nécessité des grammaires pour la comparaison.26 Humboldt déplore souvent la difficulté à apprécier exactement la proximité de deux langues que l'on a rapprochées:27 Es fehlt noch an festen Grundsätzen, die Verwandtschaftsgrade der Sprachen zu bestimmen; man ist noch zu wenig einig über die Zeichen, welche die Abstammung verschiedener Völker von einander beurkunden; man begnügt sich noch viel zu häufig mit der fragmentarischen Vergleichung einzelner Sitten, und ein paar Dutzend auf gut Glück aus einer Sprache herausgerissener Wörter; es stehen noch in diesem gränzenlos weiten Gebiet zu wenige Thatsachen, als sichere Anhaltungs- und Vergleichungspuncte fest ([1812b]: III: 290). Schlözer est tout aussi exigeant devant des langues supposées semblables »in ihren Grundtheilen« (ANG 273): Dieser Ausdruck, im Grunde einerley, ist so unbestimmt und weitschweifig, dass sich ihm alle, auch die entgegen gesetztesten, Hypothesen unterschieben lassen. Ein Glossometer, oder eine mit mathematischer Richtigkeit angegebene Bestimmung der Grade der Verwandschaft zwischen zweyen Sprachen, ist freylich noch nicht erfunden: aber auch ohne dieses Glossometer lässt sich doch allgemeine und nähere Verwandschaft unterscheiden (ANG 273 n. O). 4.7. les analogies et l'importance de l'induction historiqueUne autre exigence formulée conjointement par Humboldt et par son prédécesseur tient à la nécessité de s'appuyer sur les régularités, sur ce qui fait système. Tant il est, à leurs yeux, impératif, dans la comparaison, de reconnaître des lois. Cette exigence prend chez eux deux formes principales: le recours à l'analogie et la pratique de l'induction. Schlözer accorde ainsi une grande importance à l'analogie comme parade aux étymologies aventureuses: »Die Wortforschung hat ihre Regeln, ihre Grundsätze, ihr System, so gut wie jede andre Wissenschaft« (ANG 108). Et les séries analogiques supposent l'exemplarité et la généralité.28 Humboldt énonce une opinion très proche de la perspective généralisante adoptée par Schlözer. Seule l'accumulation d'exemples préservera des hypothèses intenables29 et le souci de respecter les lois d'analogie entre dans le cadre plus large de la méthode inductive: Es genügt, durch solche Reihen von Beispielen, als erforderlich sind, einen Beweis durch Induction hervorzubringen, die Sätze, auf die es ankommt, zu begründen (Pr. 150). Man thut immer wohl, das Gebiet dieser Sprachuntersuchungen, als ein naturhistorisches zu betrachten, auf dem nur die Erfahrung, d. i. hier die Evidenz, oder die Induction aus zahlreichen Fällen ein Urtheil begründen darf ([1820]: IV: 12). Il y a finalement une plausibilité générale, tirée de l'expérience et de la connaissance historique, qui est déterminante.30 Chez Schlözer l'induction est explicitement au fondement de la méthode comparative à visée historique: In der ganzen Geschichtforschung kenne ich, nach meinem Gefühl und meiner Erfahrung, keine so saure Arbeit, als Sprachenuntersuchungen in Rücksicht auf die Völkerkunde. Allgemeine Sätze [...] fodern eine Induction von einer Menge von Beyspielen: und diese zu finden, zu sammlen, zu vergleichen, kostet Mühe und anhaltenden Fleiss, einen Fleiss, dessen glücklicher Erfolg noch dazu sehr oft unter dem Zufall steht; denn der glückliche Blick, der Aehnlichkeiten und Verschiedenheiten bemerkt, ist doch gemeiniglich nur ein Werk der Conjuncturen, bey dem der Fleiss kein weiteres Verdienst hat, als dass er diese Conjuncturen erschaffen, und solchergestalt zur Entdeckung den Weg gebahnet hat. Flüchtig in diesen fremden, oder wie der feine Grieche sich auszudrucken pflegte, in diesen Barbarischen Sprachen herumwühlen, hie und da ein ähnliches Wörtgen aufhaschen, und daraus allgemeine Sätze formiren, ist nicht Leibnitzens Methode in der Ethnographie (ANG 288 n. U). Humboldt aussi, toujours dans le cadre théorique de l'ethnographie leibnizo-schlözerienne, soulignera plus tard l'importance des données historiques pour toute comparaison linguistique visant à la classification des peuples: Dagegen ist die für die Sprachkunde fruchtbare Thatsache die durch alle Geschichte gegebene, dass die Vertheilung des Menschengeschlechts in Nationen beständig Veränderungen erfahren hat, und noch immer erfährt. Diesen forschend nachzugehen ist das Geschäft der Ethnographie, welche die Vereinigung der Geschichte mit der Sprachkunde nothwendig macht. Denn es ist ein Irrthum, wenn man annimmt, dass die Sprachkunde allein über die Einerleiheit oder Verschiedenheit der Nationen entscheiden könne. Sie bedarf vielmehr sogar ganz auf ihrem eignen Gebiet, bei der Prüfung der Verwandtschaft der Sprachen, der Geschichte oft zur Begründung und immer zur Berichtigung ihres Urtheils. Man muss es selbst als leitenden Grundsatz annehmen, dass bei nicht ganz nahe verwandten Sprachen die Einerleiheit auch mehrerer Laute und die Aehnlichkeit des grammatischen Baues für sich keinen Beweis gleicher Abstammung abgeben, wenn nicht auch geschichtlich wenigstens die Wahrscheinlichkeit vorhanden gewesener Verbindung feststeht. Erst auf diesen Grund kann die Sprachkunde mit Sicherheit fortbauen. Die Ethnographie hat auch insofern ein andres Gebiet, als die Sprachkunde, als sie die Einerleiheit der Stämme auch da noch verfolgt, wo sie ihre ursprünglichen Sprachen gegen andre vertauscht haben« ([1827-1829]: VI/1: 187). Il en découle des précautions pratiques à prendre pour toute comparaison effectuée à distance. Les exemples isolés ne prouvent rien pour Humboldt et les trop grandes identités sont parfois suspectes, a fortiori pour des langues éloignées.31 Fragiles de nature, les données linguistiques, ont toujours besoin d'être corroborées.32 Schlözer qui cultive la même prudence cherche des garanties ailleurs que dans les mots et exerce souvent son ironie à l'égard de rapprochements que rien ne vient cautionner.33 Unter diesen Namen sind kaum ein paar beym ersten Anblick kenntlich: die übrigen alle müssen wir nach Aehnlichkeit der Thöne errathen. Eine verdächtige Hermeneutik! Aber sie wird erträglich, so bald die Historie diese Aehnlichkeit der Töne unterstützt, und sobald wir Mose's Sphäre in einen gewissen Bezirk von Ländern und Zeiten einschränken. Irren wir in der weiten Welt herum, und vergleichen Meshech mit dem Flüsschen Moskwo im innersten Russland, Magog mit den Mogolen, Kittim mit Kitaj, einem erst im 10ten Jahrhunderte nach Christi Geburt entstandenen Namen des Sinesischen Kaiserthums, Gomer mit den Kymren in Bretagne u.s.w., und nehmen wir gar keine Rücksicht auf Zeit und Ort und andre Umstände, ob der Name alt oder neu, einheimisch oder ausländisch, ursprünglich oder zufällig sey: so wird freylich die ganze Erklärungsart ungewiss und abentheurlich (ANG 280-281). 4.8. le tissu de l'histoirePour décrire les langues Humboldt invoque en 1820 la nécessité de croiser la perspective de l'individualité de chaque langue avec l'universalité de la faculté de langage et, à cet effet, il recourt à l'image du tissu selon deux axes entrecroisés: Denn alle Fäden des Zusammenhanges sollen durch sie [= die vergleichende Sprachkunde] aufgesucht, und verknüpft werden, und es gehen von diesen einige, gleichsam in der Breite, durch die gleichartigen Theile aller Sprachen, und andre, gleichsam in der Länge, durch die verschiedene Theile jeder Sprache ([1820]: IV: 11). Or ces formulations rejoignent une distinction fondamentale opérée par Schlözer dans un de ses textes théoriques à propos de l'ensemble des faits historiques et qu'il affectionnait:34 Der Zusammenhang der Begebenheiten ist zweyerlei, entweder ein Realzusammenhang, oder ein blosser Zeitzusammenhang. Man verstatte mir diese Namen, oder weise mir schicklichere an. Mit andern Worten, jede Reihe von Begebenheiten muss auf eine gedoppelte Art gelesen werden: einmal in die Länge, vor- und rückwärts, und dann in die Breite, seitwärts oder synchronistisch (Schlözer 1772: 46). Schlözer y met l'accent sur la différence entre visée diachronique et synchronique, absente chez Humboldt, mais l'idée d'un double axe de lecture, indispensable pour dominer un tout complexe et riches en connexions, a pu faire son chemin dans la pensée de Humboldt. Dans la Prüfung, en tout cas, la double approche que requiert l'articulation du général et du particulier, spécifique des créations humaines, prend corps, comme une variation sur la chaîne et la trame, dans la métaphore du tissu: Man muss immer in der Geschichte dasjenige unterscheiden, was eine Folge der allgemeinen Natur des Menschen, seiner Bedürfnisse und Neigungen, und der gleich allgemeinen Ortverhältnisse ist, und dasjenige, was aus dem Entschluss, der Willkühr, und dem Geschick der Individualität hervorgeht. Nur nach diesem doppelten Grundstoff kann man das Gewebe der Weltgeschichte von Faden zu Faden verfolgen, und den Spuren der schaffenden Kräfte in ihr nachforschen (Pr. 152). Ce jeu de métaphores, avec ses variantes, naît, chez Schlözer comme chez Humboldt, de la nécessité, conjointement ressentie, de traiter autrement une matière - événements ou faits de langue - vue dorénavant comme un ensemble si complexe qu'il récuse toute approche linéaire univoque. Il serait néanmoins hasardeux de décider que Humboldt est effectivement redevable à Schlözer de cette exigence réitérée d'une double entrée pour en rendre compte. 5. Humboldt archaïque et visionnaireOn constate donc, sans forcer les textes, entre deux ouvrages de Humboldt et de Schlözer, à cinquante ans de distance, une analogie profonde qui concerne aussi bien le projet général que plusieurs points de doctrine significatifs. La convergence est assez nette pour qu'il soit permis de poser une adhésion marquée de la part de Humboldt à l'égard de son prédécesseur, confirmée par d'autres indices, et d'autant plus remarquable que Humboldt est généralement très critique envers les linguistes qui l'ont précédé. En même temps, on se gardera de voir en Schlözer un »précurseur« de Humboldt, dans la mesure où son »influence« porte sur un aspect archaïque et, pour tout dire, assez régressif de l'oeuvre humboldtienne. Identifier la présence rémanente d'une tradition d'analyse - au fond leibnizienne - qui fait de Humboldt, en 1821 encore, un homme du XVIIIe siècle ne doit donc pas passer pour une entreprise réductrice pour sa théorie linguistique, mais bien plutôt pour un plaidoyer en faveur de sa complexité et, au-delà, de sa richesse persistante. BibliographieChateaubriand, François-René de 1957: Mémoires d'outre-tombe, 2 vols. (éd. Maurice Levaillant et Georges Moulinier), Paris: Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade). Humboldt, Wilhelm von 1903-1936: Gesammelte Schriften, 17. Bde. (Hg. Albert Leitzmann u. a.), Berlin: Behr [Reprint Berlin: De Gruyter 1967-1968]. [cité: GS] [1800]: Cantabrica. GS III, pp. 114-135. [1801-1805]: Die Vasken oder Bemerkungen auf einer Reise durch Biscaya und das französische Basquenland im Frühling des Jahrs 1801. GS XIII, pp. 4-195. [1810-1811]: Einleitung in das gesammte Sprachstudium. GS VII/2, pp. 619-629. [1811]: Berichtigungen und Zusätze zum ersten Abschnitte des zweiten Bandes des Mithridates über die Cantabrische oder baskische Sprache. GS III, pp. 222-287. [1812a]: Essai sur les langues du nouveau Continent. GS III, pp. 300-342. [1812b]: Ankündigung einer Schrift über die vaskische Sprache und Nation, nebst Angabe des Gesichtspunctes und Inhalts derselben. GS III, pp. 288-300. [1812-1814]: Ueber Sprachverwandtschaft. GS VII/2, pp. 629-636. [1816]: Bruchstück einer Selbstbiographie. GS XV, pp. 451-460. [1820] Ueber das vergleichende Sprachstudium in Beziehung auf die verschiedenen Epochen der Sprachentwicklung. GS IV, pp. 1-35. [1820-1821]: Prüfung der Untersuchungen über die Urbewohner Hispaniens vermittelst der vaskischen Sprache. GS IV, pp. 57-233. [cité: Pr.] [1821]: Ueber das Entstehen der grammatischen Formen, und ihren Einfluss auf die Ideenentwicklung. GS IV, pp. 285-313. [1823]: Inwiefern lässt sich der ehemalige Culturzustand der eingebornen Völker Amerikas aus den Ueberresten ihrer Sprachen beurtheilen - GS V, pp. 1-30. [1824-1826]: Grundzüge des allgemeinen Sprachtypus. GS V, pp. 364-475. [1826]: Untersuchungen über die Amerikanischen Sprachen. GS V, pp. 345-363. [1826a]: Lettre à Monsieur Abel-Rémusat, sur la nature des formes grammaticales en général, et sur le génie de la langue Chinoise en particulier. GS V, pp. 254-308. [1827-1829]: Ueber die Verschiedenheiten des menschlichen Sprachbaues. GS VI/1, pp. 111-303. [1830-1835]: Ueber die Verschiedenheit des menschlichen Sprachbaues und ihren Einfluss auf die geistige Entwicklung des Menschengeschlechts. GS VII/1, pp. 1-344. Lettres de Humboldt Costa, Gustavo 1970: Giovanni Fabbroni e i fratelli Humboldt, Rassegna storica del Risorgimento 57, pp. 520-577. Geiger, Ludwig (éd.) 1909: Goethes Briefwechsel mit Wilhelm und Alexander von Humboldt, Berlin: Hans Bondy. Leitzmann, Albert (éd.) 1934: Wilhelm von Humboldts Briefe an Johann Gottfried Schweighäuser, Jena: Frommann (= Jenaer Germanistische Forschungen; 25). Haym, Rudolf (éd.) 1859: Wilhelm von Humboldts Briefe an Friedrich Gottlieb Welcker, Berlin: Gaertner. Schlözer, August Ludwig 1771: Allgemeine Nordische Geschichte aus den neuesten und besten Nordischen Schriftstellern und nach eigenen Untersuchungen beschrieben, und als eine Geographische und Historische Einleitung zur richtigern Kenntniss aller Skandinavischen, Finnischen, Slavischen, Lettischen und Sibirischen Völker, besonders in alten und mittleren Zeiten, Halle: J. J. Gebauer. [cité: ANG] 1768: Probe russischer Annalen, Bremen: G. L. Förster. 1773: Isländische Litteratur und Geschichte, T. 1., Göttingen: J. C. Dieterich. 1772: Vorstellung seiner Universal-Historie, Göttingen: J. C. Dieterich (Reprint August Ludwig von Schlözer, Vorstellung seiner Universal-Historie (1772/73) mit Beilagen. Neu herausgegeben, eingeleitet und kommentiert von Horst Walter Blanke, Waltrop: Spenner 1997 [= Wissen und Kritik; 11]).
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